vendredi 29 août 2008

Alors, voilà....

... Il a enfin décidé de faire passer une réforme un peu sociale. Il était temps (petit navire)... Celle là, je n'ai pas pu m'empêcher de la faire... désolé.

Le topo est simple : financer les RSA par un ponction de 1.1% sur les revenus du capital.

Soit, je salue l'effort. Mais en même temps (ce que je peux être con quand même) je ne peux m'empêcher d'être pour le moins septique quant aux vraies motivations de notre "cher" président. Comme le dit Juan de Sarkofrance :

(je cite)
Primo, Sarkozy laisse à une majorité réticente le soin de décider de l'intégration ou pas de cette nouvelle taxe sur le capital dans le bouclier fiscal. Pour une fois, il se déclare ouvert à ce que le Parlement décide de l'exclure. En d'autres termes, il laisse sa majorité décider si cette taxe ne frappera que les classes moyennes, qui ne bénéficient pas du bouclier fiscal à 50% faute de revenus suffisants. Vous avez dit hypocrite ?

Deuxio, nous sommes clairement en monarchie élective. Le Président a arbitré et décidé cette réforme jusque dans ses moindres détails. Son discours de Laval se conjuguait au futur simple, pas au conditionnel qu'un éventuel débat parlementaire aurait supposé. Les parlementaires auront leur os à ronger pour justifier leurs émoluments (cf le point ci-dessus).

Tertio, Sarkozy ridiculise sa majorité. D'ailleurs, il en a parfaitement conscience: «la majorité ne doit pas se caricaturer» a-t-il déclaré. Serait-il inquiet ? Son annonce a été reçue par une volée de bois vert ... à droite : le sénateur UMP et blogueur Alain Lambert parle de "couardise idéologique." Lionnel Luca, député UMP des Alpes-Maritimes, craint une future expatriation supplémentaire des capitaux. Hervé Mariton, député UMP, a déclaré que le mode de financement du RSA n'est "pas acceptable". Un autre a parlé de mesure "socialo-communiste."

Quarto, Sarkozy jubile de son coup politique... Il espère couper l'herbe sous le pied d'une gauche qui se refonde. Cette dernière aurait tort de s'inquiéter. Cette annonce pourrait être une excellente nouvelle. Elle déçoit un peu plus une frange fragile et volatile de l'électorat sarkozyste (je ne parle pas du MEDEF); et prouve l'inconstance politique de l'action présidentielle (69 semaines de casse sociale pour en arriver là); mais avant toute chose, le discours présidentiel légitime une bonne part du programme social de l'opposition.

(fin de citation)

Une très bonne analyse (comme d'habitude) de Juan et veuille-t-il me pardonner de l'avoir reprise ici.

N'oublions pas que les (presque) seuls qui paieront encore sont les plus petits "capitalistes". Les autres ne sont pas cons au point de se laisser avoir et auront tôt fait de trouver toutes les niches fiscales nécessaires pour se couvrir.

Et surtout, le roi a décidé, la cour doit s'incliner devant son passage. Les UMPistes "convaincus" par les belles paroles de leur "idole" risquent fort de le lui faire payer au prix fort ! C'est pas facile d'être le leader. Des fois, on ramasse des torgnoles sans s'y attendre.

Autre chose qu'il ne faudrait peut-être pas trop vite oublier :

sarko est en train de nous préparer une réforme qui risque de faire mal. En effet, en marge de la réforme de Martin Hirsch, il nous "monte" un dossier sur le financement et le colmatage du trou de la sécu. D'autres se sont essayés à cet exercice périlleux et y ont laissé des plumes (certains même se sont retrouvés à poil !). Là, il souhaite rien moins que taxer les entreprises (sic) sur la participation à hauteur de 5%. En clair ça veut dire quoi ? Et bien ça veut dire que 5% des sommes allouées habituellement à la participation seront ponctionnées. Autant dire que les entreprises vont certainement trouver un moyen de contourner l'obstacle et de faire payer aux ouvriers le montant ainsi prélevé. Le mécanismes comptables existent déjà (provisions diverses et variées, endettement pour investissements, recherche....) Donc, les plus taxés seront (une fois de plus) ceux qui comptent le plus sur la participation : les ouvriers... Si une entreprise ne veut pas payer cet impôt. C'est facile, il lui suffira de trouver un moyen de ne pas distribuer de participation... Pas con non ?

Alors, peut-être que les investissements vont repartir, le chômage reculera peut-être un peu. Mais les pauvres types qui triment à longueur d'année, le feront toujours pour un salaire de misère. Et sans le doux espoir de toucher un peu de la carotte qu'est la participation. Heu... J'ai dit "peut-être"... Ou pas ! Démagogie quand tu nous tiens !!!


Restons vigilants !!!

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